mardi 16 septembre 2008

Objet : Petit-déjeuner Lamennais, 24 juin 2008

Gaëtan Gorce
Député PS de la Nièvre


THEME : "Comment rattraper le retard de croissance"

Il ne faut pas avoir peur de la mondialisation qui est « une vraie redistribution des cartes » pour tous.

« La France n’est pas en déclin, mais en retard. »

Si l’on veut rattraper le fameux point de croissance de retard, c’est par les « cerveaux » qu’il faut tenter de le faire et investir dans la recherche et l’enseignement supérieur. « C’est presque trente milliards qu’il faudrait réinvestir dans ce secteur », a souligné Gaëtan Gorce tout en estimant que les universités dans notre pays sont « trop nombreuses, trop petites et ne disposent encore que de trop peu d’autonomie ».

L’autre ardente obligation est celle d’une réforme de la formation professionnelle. « Nous avons un pays dans lequel le système de formation ne fonctionne pas », a-t-il affirmé.

Il faudrait l’orienter pour permettre « d’améliorer la qualification de ceux qui en ont manqué et la performance de ceux qui en ont déjà ».

Pour lui, la question polémique des 35 heures fait perdre du temps.

« Le problème n’est pas de travailler plus, mais surtout de travailler mieux : se former plus pour gagner plus », tel est son slogan préféré.

Il a mis en cause le système des Grandes Ecoles qu’il estime dépassé et viserait essentiellement à dégager « une élite technique, universitaire, politique et administrative : une petite minorité », dit-il. Ce système de sélection a abouti, selon lui, à une « culture de l’échec ».

Le but des études et de l’éducation tout au long de la vie doit être aujourd’hui non pas la sélection des meilleurs, mais de « permettre à chacun d’atteindre le niveau de compétences et de qualification le plus élevé possible au regard de ses propres talents ».

Enfin, s’il affirme que tout le monde est d’accord pour fixer les principales priorités face à la mondialisation, une certaine « rigueur » y compris dans la Fonction publique en matière d’effectifs et de mobilité, il estime que toutes ces remises en cause doivent être faites « de manière juste et équitable » et que ces réformes et ces changements n’aboutissent pas à « un affaiblissement des professions, mais à une évolution, un changement de nature ».

Et de conclure sur ce point : « A l’arrivée, il faut que le plus grand nombre (de Français) puisse bénéficier des changements qui interviennent. Or, aujourd’hui, ils ont un doute, en particulier ceux des catégories moyennes. »

Le rapport Attali a été mené, selon lui, dans les pires conditions. « On a confié, dit-il, à un groupe d’experts, le soin de dire à la France pourquoi elle ne savait pas se réformer et comment elle devrait le faire ».

Or,« si l’on veut favoriser la réforme et les changements, on ne peut le faire qu’à la condition de faire de la pédagogie, expliquer les enjeux et faire preuve de modestie pour favoriser l’échange avec le monde politique et syndical afin que chacun accepte de s’impliquer dans cette démarche ».
Selon lui, « on est arrivé à une situation de grande confusion, car Jacques Attali, en se retranchant derrière le point de vue d’experts, a déclenché une polémique : lui, fustigeant les parlementaires qui refusent d’avancer ; les parlementaires lui renvoyant la balle en mettant en cause des personnalités auto-désignées prétendant savoir mieux que tout le monde ce qu’il fallait pour ce pays, alors qu’ils n’avaient aucun mandat ».

Gaëtan Gorce a fait part de son scepticisme sur l’orientation « fédéraliste » à laquelle la gauche française s’est ralliée, selon lui, à contretemps. « Je pense qu’à gauche, nous avons commis une erreur majeure de penser que, comme tout le mal vient de la mondialisation, la seule réponse possible serait d’organiser un bouclier européen. »

Ce système d’inspiration fédérale implique qu’une volonté européenne puisse s’imposer dans le plus de domaines possibles avec des politiques de plus en plus intégrées. Or, a-t-il précisé, « je suis convaincu qu’à partir du moment où nous sommes 27 – et faute d’avoir mis en place un système fédéral auquel les autres auraient adhéré en rentrant –, penser déboucher sur un système fédéral est une vue de l’esprit ».

Portrait de l'invité

Le chantre du changement radical au PS, Gaëtan Gorce est député PS de la Nièvre et rapporteur de la commission des finances sur le Travail et l’Emploi.

Né le 2 décembre 1958 à Luzy (Nièvre) il est marié et a trois enfants.

Après des études dans la Nièvre il passe le bac à Montluçon et passe une licence de droit à Clermont-Ferrand.

De là, grâce à son professeur, il poursuit à Sciences Po puis à l’Ena.

Il commence ensuite sa carrière de haut fonctionnaire. Aujourd’hui député PS dans la Nièvre, il est Maire de La Charité-sur-Loire et Président de la communauté de communes du Pays Charitois.

Daniel AMELINE

du CNISF (Conseil National des Ingénieurs et Scientifiques de France)